Afrique: un mea-culpa au parfum de bauxite! (echo afrique)

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Que faut-il comprendre de cette magnanimité croisée franco-allemande qui s'est manifesté au Rwanda et concernant la Zambie cette semaine?

1-Un méa culpa allemand au parfum de bauxite?

Presque au même moment où M. Macron a fait le mea-culpa de la France pas tant pour aplanir le terrain à une présence française sur les frontières congolaises, non loin de la RCA où Paris a pour mission de faire chasser la Russie, de doubler la Chine entre autre et pourquoi pas de "semer la zizanie en RDC", Heiko Mass, le MAE allemand a présenté les excuses de Berlin pour le génocide des centaines de zambiens par les forces allemandes pendant la seconde Guerre. Certaines sources se sont laisser emporter par un enthousiasme débordant, y voyant les prémices d'une Europe enfin réconciliée avec les idées d'égalité et de justice qu'elle prêche depuis des siècles. Est-ce vrai? La réalité semble être beaucoup plus terre à terre, l'Allemagne cherchant à occulter sa voracité pour les matières premières africaines dernière le masque humanitaire.  L’industrie automobile allemande dépend largement de la production d’aluminium et donc de l’importation de bauxite guinéenne. Aussi le gouvernement fédéral a-t-il accordé, au cours des cinq dernières années, 293 millions de dollars de garanties aux entreprises d’extraction en Guinée. Et la Guinée en est désormais à souffrir de la pénurie d'eau. De façon un peu similaire, l'Allemagne de par ses think tank, s'est mise récemment à s'inquiéter pour le Sénégal et l'insécurité d'une région nommée Kédougou. "

 La bataille de l’Est » aura bien lieu, et il faut s’y préparer. Situation géographique frontalière et excentrée, répartition inégale des richesses minières, circulation d’explosifs utilisés dans les mines d’or, ou encore infrastructures de base défaillantes… L’étude du Timbuktu Institute fait état d’un « cocktail de facteurs de risques » dans la région de Kédougou. Pour ses auteurs, « les frustrations socio-économiques apparaissent comme les principales causes de radicalisation ». Le rapport indique qu’en 2019 et 2020, « le nombre d’arrestations d’individus, pour l’essentiel d’origine étrangère, avec des explosifs, a connu une hausse inquiétante » dans la zone. Le paradoxe, c'est qu'une grande majorité des personnes interrogées – 85% – disent « se sentir en sécurité ». 65% affirment « ne pas être concerné par la crise malienne ». 

Et le think tank de conclure : " « Le Sénégal a toujours été présenté comme un îlot de stabilité dans un océan d’instabilité, explique Bakary Sambe, directeur du Timbuktu Institute. Cette absence de prise de conscience de la population montre aussi un défaut de sensibilisation de la part de l'État sénégalais qui ces dix dernières années est passé d'un déni de cette réalité à une prise de conscience progressive récemment. Le Sénégal doit passer à une étape de mise en place d'une politique de prévention assumée sachant que cette exception tant vantée n'est pas durable si on ne renforce pas la résilience ».

Voilà à quoi rime cette soudaine bienveillance allemande: à une convoitise pure et simple des richesses africaines qui demanderait évidemment des ingérences militaires et l'Allemagne est entrain de préparer ce scénario. gare donc a l'Etat sénégalais. En 2010, le renseignement allemand a été le plus actif de tous les services secrets occidentaux juste avant que la guerre civile n'éclate. 

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2- En Côte d’Ivoire, 20% des exportations de cacao alloués aux négociants locaux

Le décret était attendu depuis plusieurs semaines. C’est chose faite depuis hier lors du conseil des ministres où a été décidé que 20% des exportations de fèves serait attribué aux exportateurs et transformateurs ivoiriens de cacao mais aussi de café. « Ainsi, les multinationales devront céder systématiquement 20% du volume de tout contrat de déblocage aux exportateurs ou transformateurs nationaux sous forme de contrats internationaux » précise le communiqué du conseil des ministres. Les sociétés internationales de cacao qui détiennent actuellement des contrats d'exportation en Côte d’Ivoire sont Cargill, SucDen, Olam, Barry Callebaut, Touton et Ecom.

Le Groupement des négociants ivoiriens (GNI), qui regroupe une quinzaine d’entreprises nationales du cacao, tirait depuis plusieurs mois la sonnette d’alarme sur la survie même des sociétés nationales et demandait une réforme du système d’exportation jugé aux mains des six multinationales (Lire : Le ton monte encore dans la filière cacao en Côte d'Ivoire face aux multinationales et Les acteurs ivoiriens du cacao plaident pour leur survie face aux primes de cacao certifié durable ). Un appel donc entendu par le gouvernement qui  reconnaît que « «Depuis la campagne 2016-2017, les opérateurs ivoiriens intervenant dans le négoce et la transformation du cacao connaissent de fortes difficultés d'ordre économique et financier ayant provoqué la disparition d'environ 50% de ces opérateurs économiques».

Le Conseil Café Cacao sera chargé de définir les critères  d’attribution des contrats en relations avec les multinationales.

 

3- RDC : Kamoa-Kakula, la future deuxième plus grande mine de cuivre au monde, entre en production

« Le cuivre est le nouveau pétrole », c’est par ces mots que Goldman Sachs a désigné récemment dans un rapport le métal rouge qui sera bientôt la matière première la plus importante au monde. Avec l’entrée en production de sa mine Kamoa-Kakula, la RDC se place en bonne position sur le marché.

En RDC, la compagnie canadienne Ivanhoe Mines a annoncé mercredi 26 mai l’entrée en production de sa mine de cuivre Kamoa-Kakula. Elle a produit ses premiers concentrés de cuivre la veille, soit plusieurs mois avant la date prévue.

« C’est un moment historique pour Ivanhoe Mines et la RDC », a commenté le patron de la compagnie, Robert Friedland, qui indique que la découverte et l’entrée en production (en avance sur le calendrier défini) d’actifs de cuivre d’une telle envergure et teneur sont en général une licorne dans l’industrie.

Pour atteindre cet objectif, il aura donc fallu 24 ans à Ivanhoe et son partenaire chinois Zijin Mining, années au cours desquelles ils ont investi plusieurs centaines de millions de dollars dans l’exploration (qui a permis de réaliser il y a cinq ans la grande découverte Kakula), les différentes études et la construction du projet. La première phase devrait permettre de produire 200 000 tonnes de cuivre par an et la deuxième phase portera ce volume à 400 000 tonnes. Ivanhoe Mines veut faire du projet Kamoa-Kakula la deuxième plus grande mine de cuivre en production au monde, avec une livraison annuelle de 740 000 tonnes de cuivre dès la douzième année d’exploitation.

Un des événements les plus attendus dans le secteur minier africain cette année, l’entrée en production de la mine de cuivre Kamoa-Kakula intervient à un moment où le prix du cuivre flirte avec la barre des 10 000 $ la tonne depuis quelques semaines. Surtout, le prix du métal rouge est sur une pente ascendante depuis des mois, porté par une forte demande, mais aussi les craintes d’un déficit important sur le marché à court et moyen terme.

C’est donc une vraie manne financière qui attend les parties prenantes, y compris la RDC où, tout récemment, le président Félix Tshisekedi s’en est pris violemment aux compagnies minières internationales actives en RDC, qui selon lui « deviennent de plus en plus riches » alors que les Congolais « croupissent toujours dans la misère ». Il a laissé entendre que le premier producteur de cuivre en Afrique va renégocier ses contrats avec les sociétés pour des partenariats gagnant-gagnant.

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