Burkina: Barkhane, menacée '(Zoom Afrique)

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Damiba/Goïta élimineront la France

Actualité en Afrique :

- Le Rwanda et l’Ouganda reprennent les négociations pour relancer leurs relations bilatérales

- RDC : le projet de budget 2023 chiffré à 14,6 milliards USD

- CAMEROUN : la Corée du Sud finance des adductions d’eau potable dans le Centre 

- Burkina Faso : les membres du Conseil d’orientation et de suivi de la transition, installés

Analyses de la rédaction :

Barkhane bientôt expulsée de tout le Sahel :

Catastrophique évolution des choses pour la France : alors que les 49 militaires ivoiriens avaient été envoyés au Mali pour y commettre visiblement un coup de force puisque la politique de la France a depuis toujours consisté à diviser pour mieux régner à se retrancher derrière l’Afrique pour porter des coups à l’Afrique, ce scénario vient de déboucher sur une unité interafricaine retrouvée. C’est au Togo et grâce à une médiation africaine que cette brouille interafricaine commence à être réglée : le Mali vient d’annoncer la mise en liberté de trois soldats des 49. 

Rien qu’à lire le rapport du RFI on comprend parfaitement l’agacement mêlé de la colère des médias colonialistes : « L’annonce officielle a été faite à Lomé, au Togo, samedi soir, lors d’une conférence au cours de laquelle les trois drapeaux ceux du Togo, du Mali et de la Côte d’Ivoire étaient visibles sur les pupitres. Le point de presse, très bref, s’est fait en présence du ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop. C’est Fidel Sarassoro, directeur de cabinet du chef de l’État ivoirien qui a été le premier à prendre la parole. »

Et RFI d’ajouter  : « Quarante-neuf soldats ivoiriens ont été interpellés le 10 juillet 2022 à l’aéroport de Bamako au motif que leur arrivée sur le sol malien n’avait pas fait l’objet de notification ni d’autorisation préalables. La République de Côte d’Ivoire déplore que des manquements et des incompréhensions aient été à l’origine de cet événement fortement regrettable. La République de Côte d’Ivoire, soucieuse de maintenir des relations de bon voisinage avec le Mali, s’engage à respecter les procédures des Nations unies, ainsi que les nouvelles règles et dispositions maliennes édictées relatives au déploiement des forces militaires au Mali. »

Au fait même les annonces faites à Lomé contiennent des piques à l’encontre de la seule partie qui tire profit de ce que les Africains s'entre-tuent, que les uns montent des coups d’État contre les autres, partie bien connue pour toute Afrique et ce depuis des décennies, la France, une France qui tantôt accompagné des États-Unis tantôt de l’OTAN continuent à saper la souveraineté des États africains.

Mais voici comment RFI laisse éclater sa colère 

« Les trois soldates accompagnées du chef d’État-major des forces armées ivoiriennes ont regagné Abidjan dès samedi soir en attendant la libération des 46 autres soldats. Cette libération a pourtant failli échouer au dernier moment. Les autorités maliennes n’ont pas voulu dans un premier temps qu’elles quittent le Mali en tenues militaires. C’était une fin de non-recevoir, mais finalement tout est entré dans l’ordre. » Et oui tout commence en dépit de la volonté et des campagnes de complot occidental à entrer dans l’ordre contre le désordre que les puissances occidentales cherchent à semer en Afrique ? Signe des temps le colonel Damiba qu’on croyait jusqu’ici être totalement soumis à Paris fait une escale au Mali ce qui pourrait signifier un changement de cap en douceur à Ouagadougou

RFI se trahit :

« L’actuel dirigeant du Faso a quitté samedi Ouagadougou pour une visite à son homologue malien, le colonel Assimi Goïta. Son avion a atterri à l’aéroport international Modibo Keïta de Bamako vers 15 heures, heure locale. Une mission diplomatique afin de convaincre tous les voisins du Burkina Faso de se retrouver autour d’une même table pour définir une stratégie commune de lutte anti-jihadiste, selon une source proche de la présidence burkinabè ».

Vraiment ? Car cette mission anti-jihadiste que prêche la France a plutôt l’air d’une tentative de réanimation à l’adresse du G5 que le Mali a fait éclater en mille morceaux pour le grand malheur des colonialistes.

Ceci dit le tweet trop amical de Goita laisse planer le doute sur le tropisme pro France de Damiba : « C’est un grand honneur pour le Mali de recevoir mon frère le président, c’est un honneur pour le Mali de recevoir mon frère Paul Henri Sandaogo Damiba », a écrit le colonel Assimi Goïta, le chef de l’État malien, sur son compte Twitter.

Ce n’est pas sur ce genre de ton que s’adressent en général les pro et les anti-panafricains.

Le rôle de l’Afrique dans la nouvelle guerre froide :

par Andrew Korybko.

Les médias occidentaux, dirigés par les États-Unis, parlaient à peine de l’Afrique sauf pour alerter sur sa soi-disant instabilité perpétuelle, mais aujourd’hui, le récit est en train de changer et on assiste à un débat sur son rôle dans ce que beaucoup ont commencé à appeler « la nouvelle guerre froide ».

Cette lutte mondiale n’est plus une lutte entre le capitalisme et le communisme comme l’ancienne guerre froide, mais on peut la simplifier en disant que c’est une lutte entre le 1 % de l’Occident dirigé par les États-Unis qui ne démord pas de l’unipolarité face au sud mondial dirigé par les BRICS qui promeuvent la multipolarité.

L’unipolarité se réfère à la croyance qu’un seul pays ou un seul groupe de pays comme les économies développées occidentales qui, dans ce contexte incluent aussi le Japon en tant que membres du G7, doit dominer les relations internationales alors que la multipolarité pense que tous les pays doivent être traités d’égal à égal. La première est entrée brièvement en vigueur après la dissolution de l’ancienne Union soviétique en 1991 et la seconde a commencé un surgir après la désastreuse invasion occidentale de l’Irak dirigée par les États-Unis en 2003.

L’Afrique est apparue brusquement sous le radar de l’opinion publique occidentale après que ses gouvernements ont conspiré pour détruire la Libye en 2011, mais peu après, elle a disparu de sa conscience, car les médias se sont plus centrés sur le conflit syrien qui a débuté cette année-là et ensuite sur le conflit ukrainien qui a commencé en 2014. Mais la dernière phase du conflit ukrainien provoquée par l’opération militaire spéciale de la Russie a fait que l’Occident a prêté à nouveau plus d’attention à l’Afrique.

Bien que plus de la moitié de ses pays aient voté pour condamner l’opération spéciale de la Russie en Ukraine, aucun d’entre eux n’a respecté la pression des États-Unis destinée à la sanctionner. De plus, le président de l’Union africaine, Macky Sall, a été d’accord avec le président russe Vladimir Poutine lors de sa visite début juin sur le fait que les sanctions occidentales contre son pays, dirigé par Washington, étaient responsables de l’aggravation de la crise alimentaire mondiale qui, en réalité, doit son origine à des événements antérieurs au conflit ukrainien comme la « pandémie de COVID-19 », etc.

Pendant ces dernières semaines, il y a eu une grande activité diplomatique en Afrique. La chef de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), Samantha Power, s’est rendue récemment sur le continent pour convaincre ces pays que le président Sall se trompait et que l’Occident avait raison de rendre la Russie responsable de cette crise humanitaire imminente. Peu après, le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, s’est rendu dans quatre pays où il y a contrecarré de façon convaincante son faux récit. Le président français Emmanuel Macron s’est aussi rendu en Afrique à ce moment-là pour rouspéter contre la Russie.

Le secrétaire d’État nord-américain Anthony Blinken finit également un voyage là-bas, ce qui a conduit beaucoup d’observateurs à conclure qu’actuellement il y a une lutte enflammée pour l’influence sur tout le continent, exactement comme c’était arrivé auparavant pendant l’ancienne guerre froide. À la différence de cette époque-là, la compétition ne se situe pas entre des idéologies, mais entre le modèle idéal de relations internationales : le 1 % de l’Occident, dirigé par les États-Unis, défend l’unipolarité alors que le sud mondial, dirigé par les BRICS soutient la multipolarité.

Mais revenons au rôle de l’Afrique dans la nouvelle guerre froide. Il y a plusieurs raisons pour lesquelles elle est en train d’acquérir de plus en plus d’importance et de devenir une scène de compétition entre la Russie et l’Occident. Premièrement, ses plus de 50 pays constituent un bloc impressionnant de vote à l’ONU, et on en déduit que Moscou et ses rivaux cherchent à ce qu’ils soutiennent leurs interprétations quelles qu’elles soient pour pouvoir montrer au reste de la communauté internationale que tel nombre d’États soutient ses opinions.

Deuxièmement, on s’attend à ce que l’Afrique ait une croissance démographique rapide tout au long du siècle prochain, ce qui pourrait se traduire par un énorme marché potentiel. Troisièmement, cela peut contribuer à ce que certains pays comme l’Éthiopie, le Nigeria et l’Afrique du Sud deviennent réellement des pays importants avec une influence de grande portée dans leur propre masse terrestre et éventuellement même au-delà. Quatrièmement, des pays importants comme la Russie et ses rivaux occidentaux ont intérêt à établir des associations stratégiques avec leurs homologues émergents précocement.

Et enfin, la dernière raison se réduit à la base idéologique de la nouvelle guerre froide concernant la diffusion de la vision du monde de chaque partie en Afrique. Pour l’expliquer, le 1 % dirigé par les États-Unis veut conserver son hégémonie impériale sur les pays qu’il considère être à l’intérieur de ce qu’il appelle « sa zone d’influence » alors que le sud mondial dirigé par les BRICS (dans cette situation représentée par la Russie) veut les aider à compléter pleinement leur processus de décolonisation comme l’a promis récemment le ministre des Affaires étrangères Lavrov.

Ces grands objectifs stratégiques à long terme sont incompatibles entre eux puisque le premier consiste à perpétuer la servitude dans les conditions actuelles alors que le second consiste à libérer les nations étrangères de cette influence hégémonique pernicieuse. En réalité, c’est le 1 % et non le sud mondial comme l’affirment les médias occidentaux qui se sert de la corruption comme arme et livre des guerres par délégation (proxy wars) pour promouvoir ses intérêts en Afrique, ce qui le rend extrêmement dangereux.

Mais l’Afrique est destinée à jouer un rôle important dans la transition systémique mondiale vers la multipolarité bien que certains pays puissent avoir des difficultés à se libérer complètement du joug néocolonial de l’Occident. Par conséquent, on peut dire que l’importance du continent dans la nouvelle guerre froide est qu’il est la scène d’un nouveau mouvement de libération nationale inspiré de son prédécesseur de la vieille guerre froide. Comme alors, l’Occident soutient l’hégémonie coloniale alors que la Russie soutient la véritable liberté.

Burkina/Mali : une alliance anticolonialiste

Le Président du Faso, le Lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo DAMIBA, effectuera, ce samedi 3 septembre 2022, une visite d’amitié et de travail en République sœur du Mali.

Cette visite du Chef de l’Etat sur les bords du fleuve Djoliba participe de la volonté des nouvelles autorités Burkinabées de renforcer les excellentes relations séculaires de coopération qui existent entre le Burkina Faso et la République du Mali.

Nous avons interrogé à ce sujet Daouda Emile Ouedraogo, Journaliste et coordonnateur international de l’ONG « Stand for Life and Liberty », afin d’en savoir plus sur la situation au Burkina Faso et cette volonté du peuple à faire expulser le forces françaises.

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